THEMAGAY, pour quoi faire ?
"Parce que je prends plus soin de mon apparence que de ma santé."

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Les gays ont 100 fois plus de risque de rencontrer un partenaire sexuel porteur du VIH que les hétérosexuels.
Les gays se font dépister plus souvent et plus tôt que les hétérosexuels. Le nombre de nouvelles infections à VIH dépistées ne diminue pas.
Une conférence internationale en 2005 « VIH et santé gaie » à Paris a, pour la première fois, abordé la prévention du VIH dans une démarche de santé globale, prenant en compte la sexualité, le plaisir et le bien-être. Elle a fait les constats, entre autres, que les gays sont très attachés à leur apparence, mais ne prennent pas suffisamment en compte leur santé - « ma tête, mon corps, ma bite, mon cul ».
Les gays revendiquent leur appartenance à une communauté, qui reste en France très commerciale mais qui ne prend pas en compte les questions de santé et de bien-être.
Les délégations de AIDES dans le grand Est ont mené une réflexion autour de la sexualité et du bien-être chez les gays. Elles ont relevé des éléments déterminants de la vie des gays qui font obstacle à une réelle prise en compte de leur santé et à la prévention.

Les déterminants de santé, ou "pourquoi les gays qui sont tant attachés à leur apparence se soignent-ils si mal ?"

Ce sont des éléments qui rendent souvent particulièrement difficile le fait que je prenne soin de ma santé : ils vont servir de trame aux travaux de THEMAGAY, sous forme d'ateliers et de plénières.

1. Ne pas se projeter dans l'avenir.
"J’ai du mal à me projeter, ou je ne me projette pas du tout dans l’avenir. En tant que gay, il y a de fortes chances que je ne procrée pas, et donc que je ne transmette pas mon patrimoine à ma descendance. Je n'ai donc pas nécessité à prendre soin de moi afin de protéger l'avenir de mes enfants."
Cette existance dans l'ici et maintenant, et dans une certaine mesure le chacun pour soi, pose des questions :
Comment s'intéresser aux autres, prendre soin de sa propre santé et de celle de ses semblables, former de nouvelles parentalités ?
Pour les associations, comment développer " concrètement " la notion de " tutorat " par les anciens vis-à-vis des jeunes gays (travailler sur les difficultés de vivre ensemble - vieux / jeunes) ?
2. Sentiment de rejet / contraintes sociales / autocensure.
"J’ai le sentiment d’être rejeté, je subis les contraintes sociales pour pouvoir vivre épanoui ou je suis souvent amené de m’autocensurer dans certaines obligations de la vie sociale."
- Avons-nous peur de nos différences ?
- Si les gays ne se sentaient pas / n'étaient pas rejetés, se soigneraient-ils mieux ?
- La difficulté de parler de sexualité et de pratiques est-elle spécifique aux gays ?
Pour AIDES et les associations identitaires, comment développer des espaces pour parler de " cul " et aborder l'éducation sexuelle des gays autour les pratiques ?
3. Difficulté à trouver de bons interlocuteurs de santé pour parler de ses pratiques.
"J’éprouve des difficultés à trouver un bon interlocuteur de santé pour lui parler en confiance de certains de mes problèmes liés à mes pratiques sexuelles."
Faut-il créer, par réseaux communautaires, une " banque de données de médecins gays ou de sensibilité gaie ", aider les gays à parler avec leur médecin ?
Faut-il, et voulons-nous une santé gaie ?

4. Difficulté de parler de son intimité à son entourage.
"J’ai souvent du mal à parler de mon intimité à mon entourage, alors soit je n'en parle pas, soit je m'éloigne ou je vais jusqu'à la rupture.
Je me suis habitué à une épidémie (le VIH), je vis avec, je l'occulte !"

Quel est le rôle de la " communauté " gaie, des associations identitaires et groupes de solidarité ?
Les associations gays pourraient-elles interagir également sur ces déterminants de santé dans le cadre de leurs actions ?